TRE - 62

  • 16 septembre 2005


Nous n’avons donc nullement à redouter de forger une fiction pourvu que nous percevions la chose clairement et distinctement : s’il nous arrive de dire que des hommes sont subitement changés en bêtes, cela est dit d’une façon tout à fait générale, si bien qu’il n’y a dans l’esprit aucune conception de la chose, aucune idée, c’est-à-dire aucune liaison entre un sujet et un prédicat ; si cette liaison existait, on verrait en même temps le moyen et les causes par où et pourquoi cette métamorphose a lieu. On ne prend pas garde non plus à la nature du sujet et du prédicat.


Nullo ergo modo timendum erit, nos aliquid fingere, si modo clare et distincte rem percipiamus. Nam si forte dicamus, homines in momento mutari in bestias, id valde generaliter dicitur, adeo ut nullus detur conceptus, id est, idea sive cohaerentia subiecti et praedicati in mente ; si enim daretur, simul videret medium et causas, quo et cur tale quid factum sit. Deinde nec ad naturam subiecti et praedicati attenditur.


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En outre, pourvu seulement qu’une première idée ne soit pas forgée et que toutes les autres en soient déduites, l’empressement à forger (…)

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Secundo, que si une chose composée de beaucoup de parties est divisée par la pensée en toutes ses parties les plus simples et qu’on soit attentif (…)