TRE - 66

  • 18 septembre 2005


Ayant pris connaissance de ce qui précède, passons maintenant à l’investigation de l’Idée fausse pour voir à quoi elle a trait et comment nous pouvons nous garder de tomber dans des perceptions fausses. Ni l’une ni l’autre tâche ne nous sera difficile après notre étude de la fiction. Il n’y a en effet aucune différence entre elles, sinon que l’idée fausse implique l’assentiment, c’est-à-dire (comme nous l’avons déjà noté) que dans l’erreur, au moment de l’apparition de certaines images, il ne s’offre point de causes d’où puisse ressortir, comme dans la fiction, que ces images ne proviennent pas de choses extérieures ; l’erreur consiste ainsi à peu près à rêver les yeux ouverts ou pendant l’état de veille. De même que la fiction, l’idée fausse se produit au sujet de, ou (pour mieux dire) se rapporte à, l’existence d’une chose dont l’essence est connue ou bien elle a trait à une essence.


His sic intellectis, transeamus iam ad inquisitionem ideae falsae, ut videamus, circa quae versetur, et quomodo nobis possimus cavere, ne in falsas perceptiones incidamus. Quod utrumque non erit nobis iam difficile post inquisitionem ideae fictae. Nam inter ipsas nulla alia datur differentia, nisi quod haec supponat assensum, hoc est (uti iam notavimus) quod nullae offeruntur causae, dum repraesentamina ipsi offeruntur, quibus, sicut fingens, possit colligere, ea non oriri a rebus extra se, et quod fere nihil aliud sit, quam oculis apertis, sive dum vigilamus, somniare. Versatur itaque idea falsa, vel (ut melius loquar) refertur ad existentiam rei, cuius essentia cognoscitur, sive circa essentiam eodem modo ac idea ficta.


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