Publié : 15 avril 2004

EII - Proposition 13 - (Lemme 3 - Axiome 3)


Plus sont grandes ou petites les superficies suivant lesquelles les parties d’un Individu, ou d’un corps composé, sont appliquées les unes sur les autres, plus difficilement ou facilement elles peuvent être contraintes à changer de situation et, en conséquence, plus difficilement ou facilement on peut faire que ce même Individu revête une autre figure. Et, par suite, j’appellerai, durs les corps dont les parties sont appliquées les unes sur les autres, suivant de grandes superficies, mous, ceux dont les parties sont appliquées les unes sur les autres suivant de petites superficies ; et fluides, ceux dont les parties se meuvent les unes parmi les autres. [*]


Quo partes individui vel corporis compositi secundum majores vel minores superficies sibi invicem incumbunt, eo difficilius vel facilius cogi possunt ut situm suum mutent et consequenter eo difficilius vel facilius effici potest ut ipsum individuum aliam figuram induat. Atque hinc corpora quorum partes secundum magnas superficies invicem incumbunt, dura, quorum autem partes secundum parvas, mollia et quorum denique partes inter se moventur, fluida vocabo.

Notes

[*(Saisset) : A mesure que les parties d’un individu corporel ou corps composé reposent réciproquement les unes sur les autres par des surfaces plus ou moins grandes, il est plus ou moins difficile de changer leur situation, et par conséquent de changer la figure de l’individu en question. Et c’est pourquoi j’appellerai les corps durs, quand leurs parties s’appuient l’une sur l’autre par de grandes surfaces ; mous, quand ces surfaces sont petites ; fluides, quand leurs parties se meuvent librement les unes par rapport aux autres.