EIII - Proposition 59

  • 20 mai 2004

Parmi toutes les affections qui se rapportent à l’Âme en tant qu’elle est active, il n’y en a point qui ne se ramènent à la Joie et au Désir.

DÉMONSTRATION

Toutes les affections se ramènent au Désir, à la Joie ou à la Tristesse, comme le montrent les définitions que nous en avons données. Mais par Tristesse nous entendons ce qui diminue ou réduit la puissance de penser de l’Âme (Prop. 11 avec son Scolie), et ainsi, en tant que l’Âme est contristée, sa puissance de connaître, c’est-à-dire d’agir (Prop. 1), est diminuée ou contrariée. Il n’est donc point d’affections -de Tristesse qui se puissent rapporter à l’Âme en tant qu’elle est active, mais seulement des affections de Joie et de Désir, y en ayant (Prop. précéd.) qui se rapportent à elle considérée comme telle. C.Q.F.D. [*]


Inter omnes affectus qui ad mentem quatenus agit referuntur, nulli alii sunt quam qui ad lætitiam vel cupiditatem referuntur.

DEMONSTRATIO :

Omnes affectus ad cupiditatem, lætitiam vel tristitiam referuntur ut eorum quas dedimus definitiones ostendunt. Per tristitiam autem intelligimus quod mentis cogitandi potentia minuitur vel coercetur (per propositionem 11 hujus et ejus scholium) adeoque mens quatenus contristatur eatenus ejus intelligendi hoc est ejus agendi potentia (per propositionem 1 hujus) minuitur vel coercetur adeoque nulli tristitiæ affectus ad mentem referri possunt quatenus agit sed tantum affectus lætitiæ et cupiditatis qui (per propositionem præcedentem) eatenus etiam ad mentem referuntur. Q.E.D.


[*(Saisset :) Entre toutes les passions qui se rapportent à l’âme, en tant qu’elle agit, il n’en est aucune qui ne se rapporte à la joie ou au désir. Démonstration Toutes les passions se rapportent au désir, à la joie ou à la tristesse ; les définitions que nous avons données plus haut l’établissent ; or, nous entendons par tristesse ce qui diminue ou empêche la puissance de penser de l’âme par la Propos. 11, et son Scol.). Par conséquent, en tant que l’âme est attristée, sa puissance de penser, c’est-à-dire (par la Propos. 1) d’agir, est diminuée ou empêchée ; par conséquent aucune affection de tristesse ne se peut rapporter à l’âme en tant qu’elle agit, mais seulement les affections de la joie et du désir, lesquelles (par la Propos. précéd.) se rapportent à l’âme sous ce point de vue. C.Q.F.D.

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